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Lutte contre le COVID-19: AUSEP a sensibilisé les Chefs de Bè


Dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus, l’Association des usagers du service public togolais (AUSEP) a initié dès les premières heures de cette pandémie, une approche basée sur une sensibilisation à la base. C’est ainsi que l’Association dirigée par Kampatibe KARIYIARE  a initié une mission de consultation citoyenne de la chefferie traditionnelle et groupes organisés pour une riposte efficace et durable au Covid-19 dans les communautés de base du Grand Lomé.

La consultation citoyenne des chefs traditionnels de Bè  à Lomé était  présidée par le Chef de canton Togbui ADELA AKLASSOU  IV.  La  rencontre  a  eu lieu le 08 juin 2020  et  a réuni 24 personnes dont 22 chefs traditionnels.  L’outil du diagnostic communautaire  était constitué d’un questionnaire.

En ce qui concerne l’organisation de la riposte dans le canton, le chef dudit canton a souligné qu’au départ, ils ont été encouragés par l’Etat à organiser la riposte dans leurs milieux. Cependant,  les agents déployés sur le terrain, n’ont pas été bien édifiés en ce qui concerne la maladie, de sorte que leurs messages n’ont pu convaincre leurs cibles. D’autre part,  ces agents n’ont pas eu droit à des gilets d’identification sur le terrain, ceci a eu pour effet le peu d’attrait de leurs regroupements.

Par ailleurs, les chefs traditionnels ont déploré le manque d’appui financier en vue d’organiser les sensibilisations à leur niveau. Nombreux sont ces chefs qui n’ont pas eu droit aux dispositifs de lave mains dans leurs palais de la part de l’Etat. Même donnés, les dispositifs de lave-mains s’avèrent insuffisants compte tenu de l’affluence élevée dans les chefferies, d’où l’initiative prise par certains chefs pour les commander à leurs propres  frais.

Lors du diagnostic, les gardiens des us et coutumes ont également du doigt,   le nom respect des mesures barrières dans les bars et débits de boissons de tchoucoutou, la livraison aux jeux de ludo, de foot et d’awalé dans les quartiers par des jeunes agglutinés souvent sans masques ni respect de la distanciation sociale, le déni de la maladie par certains habitants, résistance au port de cache nez dans les marchés, le non contrôle des revendeurs  de bétail et voyageurs du marché de Gbossimé, etc.

En rapport, avec le programme Novissi, les chefs n’ont point digéré leur exclusion, car c’aurait été le moment de leur reconnaitre le rôle « d’assistant social» joué dans leurs communautés auprès des couches vulnérables. En effet, les chefs reçoivent au quotidien des personnes vulnérables en quête de nourritures, de soutiens sanitaires et autres.

Devant des situations alarmantes, ils n’hésitent pas à débourser ou assister lesdites personnes. En cause de Novissi, ils auraient souhaité être associés à l’identification de ces groupes, et organiser un appui de proximité. Par ailleurs, nombre de chefs sont de vielles personnes en proie à des difficultés de survie quotidienne eu égard aux soucis de santé. Un appui minimum du programme Novissi devait les aider à supporter un tant soit peu. Les programmes en vue doivent s’atteler à cette réalité des choses, ont-ils soutenu.

Nombreux sont ces têtes couronnées  qui  ont dénoncé le comportement des comités de développement des quartiers qui se livrent parfois à des actions de sensibilisation et autres sur le terrain à leur insu. Ces comités se disent dépendre du ministère du développement à la base et non de celui de la décentralisation. Les comités pour leur part, se préoccupent de leur faible association par  la Mairie aux actions de développement des quartiers. Bref, des rivalités et incompréhensions surgissent entre ces différentes entités sur plusieurs interventions de terrain et l’on note l’absence de convergence d’actions.

Les chefs ont également dénoncé l’attitude et le comportement des femmes dans les marchés. La plupart sont accusées de ne pas faire du port du masque de protection leur vécu quotidien, d’où l’appel des chefs à la prise d’une mesure rendant obligatoire ce port des masques au Togo.

Les mesures d’hygiène collectives sont aussi la préoccupation des chefs à travers les désinfections des cimetières périphériques et autres lieux comme les centres de santé.

C’est après ces tours d’horizons  que l’équipe de l’AUSEP  a pris congé des chefs du canton de Bè, sur une note de satisfaction.