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Covid-19: AUSEP a fait un diagnostic participatif avec les têtes couronnées de Sagbado


Consciente que la riposte contre le COVID-19  ne peut porter ses fruits que par un engagement et une réponse communautaire, l’Association des usagers du service public togolais (AUSEP) a entrepris une série de consultations ponctuées de sensibilisations dans certains cantons du Grand Lomé en vue de recueillir les préoccupations et solutions émanant des communautés de base. 

Dans cette démarche, l’Association a rencontré les gardiens des us et coutumes dans le canton de Sagbado (commune du Golfe 7) après ceux des cantons de Baguida et de Bè.

Cette réunion avait pour but de faire un diagnostic participatif des freins, facteurs de risque et entraves à une riposte réussie contre le Covid-19 dans ledit  canton.

La réunion qui s’est tenue le 05 juin 2020 au  palais du Chef de canton, Togbui Edem Kossi SEMEKONAWO IV en sa présence,  a regroupé  50 personnes dont  48 responsables des groupes organisés (les chefs de villages, de quartiers, les reines mères, les pasteurs, femmes de marchés, adeptes du culte vaudou, comité cantonal de développement).

 

Les préoccupations de ce canton en rapport avec le coronavirus découlent essentiellement de leur situation frontalière avec le Ghana. En effet, l’état d’urgence sanitaire a abouti à la fermeture des frontières, engendrant par voie de conséquence de nombreuses préoccupations socio-économiques par-delà les deux frontières.

Le diagnostic communautaire a relevé beaucoup de plaintes des populations sur la manière dont s’organise le trafic nocturne le long de cette frontière. Pour ces populations, l’état d’urgence sanitaire et le couvre-feu n’ont juste fait  créer qu’une opportunité d’enrichissement de certains éléments des forces de l’ordre postés aux frontières. Ceux-ci, sans se soucier  des risques de contamination des voyageurs en  passage se livrent de façon effrénée aux rackets.

Les autorités traditionnelles se plaignent des actions des comités de développement à la base comme à l’accoutumée dans  les actions de sensibilisations sur le coronavirus,  lesquels comité mènent parfois des activités à l’insu des chefs. Une situation que ne digèrent pas les représentants des unités administratives de base.  Ce désamour  entre les chefs et les comités de développement se trouve accentuer par la domination de ces derniers dans toute action de développement local.

Les chefs ont exprimé également leurs préoccupations par rapport au programme Novissi et n’ont pas digéré leur exclusion de ce programme car quotidiennement sollicités par les ménages vulnérables de leurs milieux respectifs.

Les artisans du milieu réunis dans la chambre de métiers communale, désapprouvent le fait d’être exclus de la fabrication des masques, savons et dispositifs de lave mains. Ils auraient aimé que les intervenants externes pensent avant tout à eux dans la commande de ces outils.

Les cultes vaudous, bien qu’organisés peinent à produire le changement de comportement attendu auprès de leurs membres. Les cérémonies s’organisent avec une affluence sans respect des mesures barrières.

En ce qui concerne les mesures collectives d’hygiène, les acteurs invités ont émis le vœu de voir désinfecter les cimetières par peur de contamination des cas  de décès  non  détectés à temps.

En somme, le canton dispose comme les autres sus mentionnés, de réelles opportunités de mobilisation sociale, mais est traversé comme toute communauté humaine, par des conflits d’intérêts latents, exprimés dans les comportements des acteurs sur le terrain.